L’Etape du Tour Mondovélo. Foix- Loudenvielle: Une histoire d’enfer et de paradis!…

Après un dimanche caniculaire sur l’Ariège, le temps semble s’être un peu rafraichi dans la nuit au grand soulagement des 7000 concurrents qui se retrouvent lundi 16 juillet à 7 heures au départ de l’Etape du Tour entre Foix et Loudenvielle. La participation, un peu moins importante que les années précédentes s’explique probablement par la difficulté du parcours 200 km, 5 cols et 4300 mètres de dénivelé. Cependant, le peloton est plus cosmopolite que jamais avec plus de 2500 étrangers venant de plus de 30 pays. Des brésiliens, des australiens, des japonais…n’hésitent pas à faire le déplacement pour participer à la légende du Tour de France. Préchauffage dans les cols de Port et du Portet d’Aspet La première difficulté est le col de Port (1250 m – km32) que la plupart des concurrents grimpent en dedans pour ne pas entamer leurs réserves ce qui leur permet d’admirer le splendide panorama sur le massif des Trois-Seigneurs légèrement dans la brume. Il ne fait pas très chaud dans la longue descente vers Saint-Girons, dernière occasion d’emmagasiner de la fraîcheur. Dans les faux plats montants qui précèdent la deuxième difficulté, le col du Portet d’Aspet (1045m, km102), la température se met brutalement à monter. Cependant, par ce versant ce col n’est vraiment raide que sur les cinq derniers kilomètres et la majorité des concurrents le passe sans trop de difficulté. La descente du versant ouest est très raide et très dangereuse comme le rappelle le monument à la mémoire de Fabio Casartelli qui y perdit la vie lors du Tour de France et la prudence est de rigueur. Le col de Menté en guise de purgatoire Sans transition, la route se remet à monter en direction du col de Menté (1349 m – km122).La chaleur devient rapidement étouffante (environ 35 degrés) et la pente soutenue autour de 8% durant les dix kilomètres d’ascension contraint déjà certains concurrents à mettre pied à terre. La descente sur Saint Béat est un régal avant d’entamer une portion de plat avec vent de face dans la vallée menant au pied de LA difficulé du jour,

L’enfer de Balès Le port de Balès (1755m – km162), col de 19km et 1200 mètres de dénivelé, inédit dans le Tour de France, se caractérise par ses pourcentages souvent supérieurs à 10% dans les dix derniers kilomètres sur une petite route forestière au revêtement chaotique. La chaleur est étouffante et par endroit, le goudron est liquéfié. De nombreux concurrents sont à la dérive et comme on dit dans les Pyrénées, se voient le diable pour terminer l’ascension. Peyresourde sur la route du paradis La descente sur une nouvelle route goudronnée inaugurée en 2006 est magnifique mais incite à la prudence car elle longe pendant plusieurs kilomètres un précipice impressionnant. La vue sur les  » 3000  » du Luchonnais encore bien enneigés est exceptionnelle. Sans aucune transition la route se met à remonter pendant dix kilomètres jusqu’au col de Peyresourde (1569m – km188). Les encouragements des nombreux spectateurs présents dans le dernier kilomètre d’ascension donnent aux concurrents le courage de puiser dans leurs dernières forces. La descente sur une route en excellent permet de dépasser facilement les 80 kmh et fait office de délivrance pour beaucoup. Encore un coup de cul de 500 mètres à 10% et c’est l’arrivée à Loudenvielle dans un paradis de verdure entouré de superbes montagnes.

La sélection a été rude Le premier à franchir la ligne est l’ancien professionnel Nicolas Fritsch en 6h21 suivi de deux habitués des podiums cyclosportifs, Philippe Argans et Michel Roux en 6h31 On notera également la belle performance de Karine Saysset qui termine en 7h33 et celle de…Greg Lemond 701ème en 8h41 Au final, 4357 concurrents seulement sont classés car plus de deux mille concurrents ont abandonné ou terminé hors délai ce qui témoigne de la difficulté du parcours mais aussi du manque de préparation de nombreux concurrents et de braquets souvent inadaptés.

Haro sur les pollueurs L’organisation de l’Etape du Tour a été comme d’habitude remarquable à tous les points de vue et la privatisation de la route reste un luxe rare et très apprécié. Cette année, après les regrettables débordements constatés en 2005 et 2006, la nécessité de respecter l’environnement et de ne pas jeter de déchets dans la nature a fait l’objet d’une communication très ferme des organisateurs. Malheureusement, force est de constater que certains – de moins en moins nombreux – ont encore de gros progrès à faire. Toutefois, il est encourageant de constater que ces pollueurs se font de plus en plus souvent rappeler à l’ordre par les autres concurrents, dont une équipe Sud Velo-Ne Jetez plus, particulièrement motivée pour la circonstance.

Pierre Gadiou CPT.com. 07/2007

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